Introduction
Structure

FANTASME HYSTERIQUE

La structure hystérique est celle qui fonde le plus profondément l’être humain, les notions de puissance et pouvoir lui sont intimement liées.

La puissance n’imagine pas de contradiction. Elle est certitude. Le tout puissant est souverain, il n’a rien à prouver. Aucun imaginaire ne peut le déloger de cette assurance qui peut le mener à la paranoïa, si elle se sent menacée. Pour conserver l’impression de toute puissance dont il a été chassé, l’enfant va, soit se résigner, soit courir après un ersatz appelé pouvoir, et il grandira dans l’angoisse permanente de le perdre puisqu’il sait qu’il a pu le perdre. Mais il peut aussi s’aménager des espaces imaginaires dans lesquels il mettra en scène les notions de puissance, de sexe, de jouissance, de mort, de façon certes archaïque ou infantile, mais préservée de toute contrainte extérieure et exempte de répression sociale .

Soumis aux contradictions existant entre ses désirs érotiques, ceux de sa mère et la réalité à laquelle il est confronté,(et c’est là que l’on peut introduire l’image du père ), l’enfant va devoir trouver des compromis .C’est tout un monde de productions imaginaires qui va venir à son secours, à travers des scénarios élaborés comme des stratégies défensives destinées à protéger son monde intérieur.

Fantasmes ou symptômes sont autant de voies par lesquelles se manifeste le refus du renoncement à la toute puissance du désir. Susan Isaac justifie les premiers en précisant que « l’on crée des fantasmes pour échapper à la réalité et rester dans le principe de plaisir alors que les conduites de séduction ou les somatisations s’imposent lorsque l’hystérique n’a plus que son corps pour donner à voir l’angoisse qui l’habite ».

Ferenczi note dans son journal clinique que « les enfants sont empêchés de faire valoir leur soif originelle de toute puissance… mais que lorsqu’elle en est empêchée elle se satisfait par voie hallucinatoire ». Et Lou Andréas Salomé dans une lettre ouverte à Freud s’exprime ainsi à ce sujet : « Dans le conflit qui oppose notre croyance infantile dans la toute puissance de nos pensées à la réalité qui n’en tient pas compte et nous inflige ainsi des désillusions, un rôle de compromis revient au fantasme, apte à acquérir et à éprouver la réalité de la menace du châtiment, tout autant que l’ardeur à acquérir malgré tout l’objet du désir ». Evoquant le problème de savoir si les premières réminiscences sexuelles se rapportaient à un premier évènement vécu ou à un fantasme, elle conclue : « Il n’y a pas à choisir entre les deux, mais à saisir leur interaction, l’un conditionnant l’apparition et même la possibilité de l’autre »

Ces citations mettent en place le tableau du fantasme hystérique. L’épreuve de la désillusion est fondamentale pour chacun et l’élaboration du fantasme est un excellent rempart contre la dépression, permettant de ne pas abandonner tout à fait le grain de folie lié à tout désir.

Edit Cannac - www.la-psychanalyse.org

Prochaine publication le 21 mars 2008